Sahara occidental: un responsable de la police sahraouie arrêté pour trahison

ALGER, 23 sept 2010 (AFP)

– Un responsable de la police sahraouie accusé d’espionnage au profit du Maroc a été arrêté mardi au Sahara occidental par le Polisario pour trahison, a annoncé jeudi l’ambassadeur sahraoui à Alger, Ibrahim Ghali.
M. Ghali a précisé à l’AFP que ce policier, Moustapha Salma Ould Sidi Mouloud, avait été arrêté « dans les territoires libérés » à Mheriz, à une trentaine de kilomètres de la frontière mauritanienne et à 400 km de Tindouf, ville algérienne qui abrite quelque 100.000 réfugiés sahraouis.
Selon l’agence de presse sahraouie SPS qui cite un communiqué du secrétariat général de la police sahraouie, il doit « répondre de plusieurs chefs d’accusation dont le principal est espionnage en faveur d’un pays en guerre avec la République sahraouie ».
Le secrétariat affirme que Moustapha Salma a « exprimé solennellement son appartenance » au Maroc auquel il a « fourni des secrets » se rapportant aux institutions de son pays et s’est adonné à « des activités d’espionnage pour le compte d’un pays en guerre avec la République sahraouie dans le but de nuire à sa sécurité et son ordre ».

L’ambassadeur de la République arabe démocratique sahraouie (RASD, proclamée en 1976) a indiqué que le policier sera « déféré devant la justice pour trahison et son jugement ne sera pas tenu secret ».
En août, lors d’une conférence de presse à Smara au Sahara Occidental, Moustafa Salma, inspecteur général de la police du Polisario et membre de la direction générale de cette institution, avait exprimé sa volonté de sensibiliser les populations sahraouies des camps de Tindouf au projet d’autonomie du territoire proposé par le Maroc.
« Je suis favorable à ce que le dialogue entre le Polisario et le Maroc s’ouvre sur la base du plan d’autonomie proposé par le Maroc et je retournerai dans les camps de réfugiés sahraouis à Tindouf pour défendre cette option », avait déclaré ce policier de 42 ans.
Son arrestation a été vivement condamnée par le Maroc mais aussi par l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW).
A New York où il se trouvait mardi, le ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération Taib Fassi Fihri a dénoncé avec « la plus grande vigueur » cette arrestation dans une déclaration à l’agence marocaine MAP. « Le Royaume du Maroc exprime sa vive inquiétude et sa profonde consternation pour l’atteinte portée à l’intégrité physique de M. Ould Sidi Mouloud », a-t-il ajouté.
Cet acte « grave de l’Algérie et du Polisario confirme la nature singulière qui prévaut dans les camps de Tindouf, en territoire algérien, où la liberté de circulation est entravée, le droit d’expression confisqué et la liberté d’opinion censurée », a encore accusé le ministre marocain.
Dans un communiqué publié à Washington, HRW a également demandé la libération de ce responsable sahraoui. Le Front Polisario « doit libérer un dissident arrêté le 21 septembre (…) si le véritable motif de son arrestation est son soutien exprimé au plan d’autonomie proposé par le Maroc », lit-on dans ce texte.
« Si le Front Polisario veut démontrer qu’il ne persécute pas Salma pour ses opinions, il devrait le libérer immédiatement ou faire en sorte qu’il bénéficie d’un procès équitable s’appuyant sur des accusations crédibles », poursuit HRW.
Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental est l’objet d’un conflit opposant le Front Polisario, partisan de l’indépendance et soutenu par l’Algérie, au Maroc qui a annexé ce territoire en 1975.

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